L’adoption de l’infonuagique a franchi un point d’inflexion majeur : les dépenses en cloud public dépassent désormais celles de l’informatique sur site traditionnelle. Pourtant, malgré ces investissements massifs, le mécontentement est toujours palpable : près de 95 % des entreprises expriment des regrets quant à leur premier contrat signé avec un hyperscaler.
Pourquoi un tel constat ? La gestion des coûts est devenue le défi numéro un des organisations, surpassant même la sécurité. Les entreprises délaissent l’approche aveugle du cloud only pour adopter une stratégie cloud smart. En 2026, la rentabilité de votre infrastructure ne dépendra plus seulement du prix de la machine virtuelle, mais de votre capacité à maîtriser cinq facteurs de coûts souvent sous-estimés.
Tant que les organisations opteront pour les offres de géants technologiques étrangers, elles devront faire avec des frais imprévisibles. Malheureusement, en contexte de conflits commerciaux et politiques, la situation n’ira pas en s’améliorant.
Les hyperscalers — Microsoft Azure, Amazon AWS, Google Cloud — demeurent des entreprises américaines, malgré leurs branches canadiennes. Conséquemment, leurs tarifs sont établis en dollars américains. Même s’ils émettent ultimement une facture en dollars canadiens, le montant est d’abord calculé sur la base de leurs prix unitaires en USD.
La conséquence est directe : même si votre consommation reste parfaitement stable d’un mois à l’autre, votre facture peut varier de façon significative en raison des seules fluctuations du taux de change CAD/USD. Dans un contexte géopolitique instable comme celui de 2026, cette variable est tout sauf anodine. Pour les organisations dont les dépenses infonuagiques se chiffrent en centaines de milliers de dollars, une variation de quelques cents sur le taux de change se traduit en milliers de dollars supplémentaires non budgétés.
La prudence commande d’intégrer une contingence budgétaire explicite pour couvrir ces variations ou, mieux encore, de choisir un fournisseur qui facture directement en dollars canadiens.
Les frais de sortie (communément appelés egress fees) sont des frais additionnels facturés par les hyperscalers lors du mouvement de données hors de leur environnement infonuagique : vers Internet, vers un autre fournisseur dans un contexte multicloud, ou même entre deux régions d’un même cloud. Ces frais s’accumulent rapidement.
À première vue, quelques cents par gigaoctet semblent négligeables. La réalité est tout autre. Plus du tiers des organisations déclarent des dépassements budgétaires de 20 à 40 % en lien avec leur facture infonuagique. L’exemple de la NASA est particulièrement éloquent : ayant conclu un contrat de 65 M$ par année avec AWS pour l’hébergement de ses données scientifiques, un audit interne a révélé que les frais de sortie non anticipés pourraient ajouter 30 M$ supplémentaires par année à cette facture, soit près de la moitié du contrat initial.
Le modèle est conçu pour retenir le client : les données entrent sans frais, mais en sortir coûte cher. C’est ce que nos experts appellent la « cage à homard ». En 2026, alors que les architectures hybrides et multicloud se généralisent, les risques d’exposition à ces frais sont plus élevés que jamais.
À noter : bien que l’EU Data Act de janvier 2024 ait forcé AWS, Azure et Google à éliminer les frais de sortie lors d’une migration définitive vers un autre fournisseur, les frais de transfert de données dans le cours normal des opérations demeurent en vigueur. Et les allocations gratuites annoncées (souvent 100 Go par mois) représentent un rabais dérisoire d’environ 7 $, à peine suffisant pour sauvegarder les données d’un téléphone intelligent.
La résurgence des politiques protectionnistes aux États-Unis en 2025-2026 a introduit un facteur de coût inédit pour les organisations qui s’appuient sur des hyperscalers américains. Les tarifs imposés sur les équipements technologiques se répercutent dans la chaîne d’approvisionnement des grands fournisseurs infonuagiques : serveurs, processeurs, équipements de réseau — tout cela coûte plus cher à construire et à opérer. Ces coûts accrus se traduiront inévitablement par des hausses tarifaires pour leurs clients.
Les organisations doivent anticiper des révisions à la hausse dans les grilles de tarification des grands fournisseurs américains au cours des prochains mois. Pour les organisations canadiennes, cette réalité est doublement préoccupante : elles paient déjà plus cher en devise américaine, et elles se retrouvent exposées à des hausses de prix directement liées à des décisions politiques sur lesquelles elles n’ont aucun contrôle.
Au-delà du taux de change, des frais de sortie, et des effets douaniers, il existe une constellation de frais cachés qui rendent la facture infonuagique difficile à prévoir : frais d’API, niveaux de support avancé, frais d’annulation, et frais variables selon le nombre d’opérations de lecture.
Un seul téraoctet de stockage objet chez un grand hyperscaler peut comporter des frais additionnels de 0,60 USD par tranche de 10 000 opérations de lecture, en plus du tarif de base. Pour des applications analytiques en libre-service comme Power BI, ces opérations sont pratiquement impossibles à prévoir à l’avance. La prévisibilité financière est ainsi gravement compromise, mois après mois.
Dans un contexte de risques accrus d’ingérence étrangère, la souveraineté des données n’est plus un concept théorique. C’est un impératif d’affaires. Il faut toutefois se méfier des fausses promesses : un hyperscaler américain qui garantit que vos données restent physiquement au Canada n’offre pas un cloud souverain pour autant.
Un véritable cloud souverain exige que les données soient hébergées localement, opérées par des citoyens canadiens, contrôlées par une entité légale locale, et non soumises aux lois étrangères, notamment le CLOUD Act américain et le FISA 702. C’est une distinction fondamentale que les décideurs des secteurs public, de la santé et des services financiers ne peuvent plus se permettre d’ignorer.
Les manquements aux obligations de protéger les données sensibles et confidentielles pourraient éventuellement se traduire en poursuites judiciaires, avec les coûts et les pénalités afférents, en plus de la perte de confiance de la part des citoyens, des clients, et des partenaires.
En 2026, la réussite de votre transformation infonuagique dépendra de votre capacité à prévoir vos coûts.
Face à cette complexité croissante, la meilleure alternative est d’opter pour un fournisseur canadien qui procure une véritable transparence contractuelle, et une solution souveraine sans frais cachés, ni lock-in technologique.
Le cloud souverain Cirrus de Micrologic a été conçu précisément pour éliminer les facteurs qui rendent les coûts imprévisibles pour les organisations qui passent à l’infonuagique.
| Cloud des hyperscalers | Cloud souverain Cirrus | |
| Taux de change | Taux de change variable qui influence les coûts | Facturation en dollars canadiens, sans fluctuation liée au taux de change |
| Frais de sortie | Frais de sortie qui pénalisent la sortie et la mobilité des données | Aucun frais de sortie, pour une libre circulation des données |
| Tarifs transfrontaliers | Exposition aux hausses tarifaires et aux effets de politiques transfrontalières | Modèle local plus stable, moins exposé aux décisions commerciales et politiques étrangères |
| Frais cachés | Frais cachés difficiles à prévoir : API, support, lectures, options additionnelles | Facturation simple, transparente et prévisible, sans frais cachés |
| Souveraineté des données | Résidence des données sans véritable souveraineté juridique, risque de poursuites | Véritable souveraineté : données hébergées, opérées et protégées au Canada, sous juridiction canadienne |
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