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Toutes ces entreprises sont connues pour déclarer une grande partie de leurs revenus dans des paradis fiscaux mondialement, au détriment de leur contribution pleine et légitime à notre économie. Pourtant, nous confions nos données les plus confidentielles et les plus sensibles à ces entreprises étrangères.
Alors comment pouvons-nous justifier, en tant que société, de continuer à privilégier des technologies qui ne nous appartiennent pas, que nous ne contrôlons pas, alors que nous avons ici des options tout aussi performantes, écoresponsables, plus abordables, et entièrement alignées sur nos lois, nos besoins et nos valeurs? La nouvelle administration américaine semble vouloir imposer sa volonté avec force, réaffirmer le nationalisme économique des États-Unis, n’est-ce pas le signal que le Canada doit faire la même chose?
Des choix de société importants à faire et tout de suite
L’actualité des dernières semaines nous amène à dire que contrôler nos données sera un chantier obligatoire, comme cela est le cas en Europe notamment. Contrairement à ce que l’on peut entendre de la part de fournisseurs américains comme Amazon ou Microsoft, même si les données que vous leur confiez sont exclusivement hébergées au Canada, elles restent assujetties aux lois américaines. Nous avons du chemin à faire, mais la fenêtre d’opportunité est là. Nous ne pouvons pas continuer à confier la presque totalité de nos données aux GAFAM, surtout les plus sensibles.
Nous avons toutes les cartes en main pour adopter un cloud souverain canadien et reprendre pleinement le contrôle de notre autonomie numérique. Chaque décision que nous prenons, chaque contrat que nous signons, contribue à façonner l’avenir, notre avenir. Nous avons l’expertise, nous avons des infrastructures écoresponsables. Notre indépendance face aux géants et notre capacité à maintenir une économie forte débute par des décisions de ce type. N’oublions pas que des milliards de dollars s’évaporent à l’étranger alors que nous avons la possibilité d’héberger nos données ici, protégées par nos lois. Cela passe donc par une volonté de l’État canadien qui, s’il voit venir la menace économique que représente notre voisin du sud, doit voir venir la menace que représente la perte de contrôle sur les données de ses citoyens.
En cette Journée mondiale de la protection des données, nous demandons aux différentes formations politiques fédérales de prendre position fermement en faveur de la souveraineté numérique et sur l’instauration de mesures favorisant les joueurs canadiens lorsqu’il s’agit de données sensibles et stratégiques. Parce que les données des canadiens appartiennent aux canadiens.
– Stéphane Garneau, président de Micrologic, entreprise spécialisée en cloud souverain canadien
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