Pour être réellement maîtres chez nous, il faut reprendre le contrôle de nos infrastructures numériques et faire confiance à l’expertise des entreprises canadiennes. La souveraineté numérique est un pan incontournable de notre souveraineté canadienne. C’est littéralement la question politique et démocratique la plus urgente de notre époque.

La semaine dernière marquait le premier anniversaire du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Plusieurs journalistes et chroniqueurs ont souligné l’événement en parlant des tarifs douaniers, des menaces d’annexions, de l’impact budgétaire, etc. Mais personne n’a mentionné « la question politique et démocratique la plus urgente de notre époque », selon Evan Solomon, le ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique : la souveraineté numérique. [1]

L’année qui vient de se terminer a mis en lumière l’importance pour les gouvernements d’avoir le contrôle sur les données qu’ils génèrent. Les GAFAM contrôlent une grande partie des données sensibles de la population québécoise et canadienne, et même mondiale![2] Étant des entreprises américaines, elles sont toutes soumises aux lois américaines, comme le FISA et le CLOUD Act qui permettent au gouvernement américain d’obtenir les données hébergées par des entreprises américaines, peu importe où elles se trouvent physiquement dans le monde.

Un géant américain qui investit des centaines de millions de dollars au Québec pour construire un centre de données ne protège pas nos données sensibles des yeux du gouvernement américain.

Souveraineté numérique : pan incontournable de la souveraineté canadienne

La souveraineté du Canada passe entre autres par la protection de ses frontières terrestres et maritimes. En cette Journée internationale de la protection des données, nous soulignons la nécessité de protéger aussi nos frontières numériques. Nous demandons aux différentes formations politiques de prendre position encore plus fermement en faveur de la souveraineté numérique et sur l’instauration de mesures obligeant le choix de fournisseurs canadiens souverains lorsqu’il s’agit de données sensibles et stratégiques. Pour être réellement maîtres chez nous, il faut reprendre le contrôle de nos infrastructures numériques et faire confiance à l’expertise des entreprises canadiennes. La souveraineté numérique est un pan incontournable de notre souveraineté canadienne.

C’est littéralement la question politique et démocratique la plus urgente de notre époque.

– Stéphane Garneau, président de Micrologic, fabricant d’un cloud souverain.

 

Sources :

[1] La Presse canadienne, « Ottawa assembling AI task force as it prepares refreshed strategy », National Newswatch, 24 septembre 2025, consulté le 23 janvier 2026.  https://www.nationalnewswatch.com/2025/09/24/ottawa-assembling-ai-task-force-as-it-prepares-refreshed-strategy.

[2] Vincent Larouche et Patrick Lagacé, « Contrats de 310 millions sans appel d’offres : Santé Québec confie ses données à Microsoft », La Presse, 17 juin 2025, consulté le 23 janvier 2026. https://www.lapresse.ca/actualites/2025-06-17/contrats-de-310-millions-sans-appel-d-offres/sante-quebec-confie-ses-donnees-a-microsoft.php